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Restitution de lecture

Mouhamed Mbougar Sarr

Écrire ou ne pas écrire est la question Shakespearienne à laquelle Mouhamed Mbougar Sarr tente non pas de répondre mais de réfléchir dans « La plus secrète mémoire des hommes ». Car c’est bien un secret que l’entreprise d’écriture lequel secret on renfonce au plus profond de son âme et qui, un jour, se dévoile pourquoi pas même d’outre-tombe. Dans ladite œuvre, ce secret et tant d’autres ensevelis dans la mémoire sombre des hommes, sont exhumés au grand jour par celui que Elgas surnomme le Roi du roman.

L’auteur

Il y a tellement de choses à dire sur Mouhamed Mbougar Sarr qu’on en oublie. Cet auteur est né à Dakar en 1990 et grandit à Diourbel avec ses frères. Il fait ses humanités au Prytanée Militaire de Saint-Louis puis aux classes préparatoires du lycée Pierre D’Ailly. Il intègre ensuite l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il peine présentement à terminer sa thèse de doctorat.

Sa carrière d’écrivains commence en 2014 avec le roman « Terre ceinte ». Il publie ensuite trois autres romans : « Silence du chœur » en 2017, « De purs hommes » en 2018 puis « La plus secrète mémoire des hommes » en 2021. De plus, Mouhamed Mbougar Sarr est un magnat des prix et distinctions. Ainsi il a été meilleur élève du Sénégal au Concours Général en 2008, Chevalier de l’Ordre national en 2014, prix Ahmadou Kourouma et Grand prix du roman métis en 2015, prix littérature monde en 2017, prix Goncourt en 2021, Commandeur de l’Ordre national en 2021.

L’œuvre

Ce livre est un haut fait de la littérature africaine. Justement pour avoir remporté le prix Goncourt 2021. Mouhamed Mbougar Sarr est le 1er Sénégalais et l’un des premiers Africains qui obtient cette récompense. Ce, grâce à ce grand livre, grand par la taille du haut de ses 459 pages, mais surtout, grand par la qualité, le style, la technique, l’exigence, le raffinement, la recherche, le talent, etc. Il est fini d’être édité en août 2021 par la maison Philippe Rey/Jimsaan. Et comme le dit l’auteur lui-même sur le média Brut, ce livre est sa grande œuvre.

Les personnages principaux

Les principaux personnages du roman sont Diégane Latyr Faye d’une part, jeune écrivain noir des temps modernes, et d’autre part Elimane Madag Diouf, écrivain noir des temps anciens. Avec des destins liés, l’un retrace l’histoire de l’autre.

Elimane écrivit un ouvrage polémique dans les années 30 qui intrigue, à notre époque, le jeune auteur Diégane.

Les personnages secondaires

D’autres personnages jouent un rôle moins essentiel. Il s’agit de : 1) Marème Siga : appelée par métaphore araignée-mère, cousine d’Elimane vivant à Amsterdam, c’est à travers elle que Diégane connaitra toute l’histoire d’Elimane ; 2) La poétesse haïtienne : ancienne compagne d’Elimane alors en Argentine, elle rencontre hasardeusement Marème Siga la cousine, plus tard à Dakar ; 3) Charles et Thérèse Jacob : c’est les deux 1ers amis d’Elimane en France alors qu’il était étudiant et c’est eux qui vont éditer son fameux roman qui s’intitulait Le labyrinthe de l’inhumain ; 4) Béatrice Nanga, Faustin Sanza, Eva Touré et Musimbwa : ils forment le cercle d’écrivains noirs que fréquente Diégane à Paris ; ceux-ci partagent en commun le malaise d’écrire à notre époque ; 5) Brigitte Bollème : journaliste et critique littéraire, elle collecta à l’époque beaucoup de documents sur Elimane et les transmis par la suite à Marème Siga ; 6) Gombrovizt et Sabato : ce sont les deux seuls amis d’Elimane lors de son séjour en Argentine ; eux trois partagent ensemble leur amour pour les belles lettres et pour la poétesse haïtienne ; 7) Stanislas : coloc de Diégane à Paris, il lui sert souvent de conseiller ; 8) Aïda : photojournaliste spécialiste des révoltes populaires, petite copine de Diégane, elle suscite de vifs sentiments chez ce dernier ; 9) Chérif Ngaïdé : prof de philo et activiste, c’est presque le seul ami de Diégane au pays ; 10) Fatima Diop : amie intime de Chérif, morte par suicide, son acte est à l’origine de graves émeutes au Sénégal qui feront vaciller le gouvernement ; 11) Denise : amie de Marème Siga, elles ont été ensemble danseuses de striptease dans un cabaret, à Paris ; 12) Toko Ngor, Ousseynou Koumakh et Assane Koumakh, Mossane, Ta Dibor, Coura et Ngoné : ils sont la famille d’Elimane dans son village natal ; 13) le père Greusard : curé du village, il se charge de l’instruction d’Elimane et facilite son départ pour la France ; etc. etc.

Les thèmes centraux

Le livre relate s’inspirant de la vie de Yambo Ouologuem, les difficultés et les péripéties de l’entreprise d’écriture : « le chemin se fait à genou » pour reprendre Vladimir Holan que l’auteur cite. Et ce, à l’époque du colonialisme avec toutes ses conséquences au nombre desquelles figurent les rapports conflictuels entre la France et l’Afrique. Du coup, le livre est centré sur les deux thèmes de la création littéraire et de la contexture coloniale.

Les thèmes périphériques

En périphérie, d’autres thèmes fourmillent dans le roman comme les insectes d’une fourmilière. Ainsi, l’amour et l’amitié sont très présents le long des lignes, entre différents personnages. Les thèmes du voyage et du libertinage font hautement sailli : de la France à l’Argentine, de la Hollande au Sénégal, Elimane comme Diégane font beaucoup « la chose ». Les révoltes populaires et les guerres parsèment aussi le roman ; soulèvements et conflits armés rythment quelquefois la vie sur Terre. D’autres luttes comme entre tradition et modernité, entre mysticisme et rationalisme, moins violentes mais non moins âpres, abondent le roman. Sans oublier le respect des Anciens ou la gérontocratie en Afrique avec certaines figures paternalistes. L’antisémitisme est de même abordé par quelques endroits…

Historiographie

Du haut de sa généalogie altière, Elimane nait vers 1918 et grandit entre connaissances sotériologiques et savoirs épistemiques, de par Ousseynou Koumakh et de par le père Greusard. En vérité, on se demande encore de Ousseynou Koumakh et Assane Koumakh qui est son vrai père. Tandis que sa mère Mossane, après le départ d’Elimane en France et sa longue absence, devient folle de désespoir et finit par disparaître du village… Elimane fit paraître pendant ce temps son fameux labyrinthe de l’inhumain et fit couler beaucoup d’encre parmi les milieux littéraires. La Deuxième Guerre éclatait. Elimane était en errance à la recherche des traces de son supposé père, Assane Koumakh. Il découvrit même une lettre annonçant la dernière bataille de celui-ci alors tirailleur à la Première Guerre. A la suite de quoi, il apprend la mort de son très cher ami Charles des mains d’Engelsmann, un officier allemand. La défaite des Nazis sonne en 1945. Et Elimane poursuit vengeur, cet officier allemand en Amérique latine. Il s’installe à Buenos Aires et mène ses recherches à Caracas, à Bogota et autres. Il fréquente les milieux littéraires argentins par moments et assiste même à la révolution argentine. Vengé, il rentre au Sénégal et se retire dans son village, enclin à la déréliction. Ousseynou Koumakh était déjà mort. Il le remplaça alors comme marabout de cette contrée et comme chef de la famille Diouf, pendant quelques années. Diégane découvrant toute cette histoire, ébloui, décide de venir lui rendre visite au village. Par malchance, il arrive un peu trop tard, un an après le trépassement du héros.

Pour conclure en peu de mots, on a l’impression de se trouver en face d’une œuvre très aboutie, dont on ne peut faire le tour, mais qu’on a envie de relire pour mieux mesurer, ne serait-ce qu’à peine, son immense richesse. Et bien qu’elle puisse intimider en parlant de la souffrance de l’écrivain, c’est aussi une œuvre qui nous invite paradoxalement à écrire nous-mêmes.

Par Ndeye Aïssatou Diagne et Magatte Fall

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Mes singles, mon art

Cabine de studio

Ça vaut bien un article exclusif que quatre années de pérégrinations artistiques. Pour récapituler et sanctifier une bien modeste mais truculente carrière, ça vaut bien le coup. Des débuts timides et tortueux à l’assomption et à l’affirmation de mon art, « le chemin s’est fait à genoux » comme se morfondait Vladimir Holan que cite Mouhamed Mbougar Sarr. En effet, le chemin de la création artistique est des plus ardus. Et l’œuvre d’art nait dans la douleur, avec force sacrifices et main persévérance. Voir son produit achevé comme l’accomplissement d’une mission, là réside le seul plaisir, la seule satisfaction, le seul soulagement. Les critiques et les satisfecits qui s’ensuivent sont, le halo que soulève le carrosse.

Je fais du rap, la musique versifiée et surtout rigoriste de ma jeunesse, mais que je pratique depuis 2018. L’étincelle originelle a jailli cette année-là. Le feu prit en mon cœur et en mes sens devenant incontenable. Le texte et l’instru furent comme prédestinés. Le studio, l’appui de rappeurs confirmés, tout est venu d’une préséance confuse. C’était un coup monté. De mélomanes, je devenais artiste-rappeur du jour au lendemain. Pour un mythe fondateur ou un acte de naissance, c’en est un là d’ineffaçable et d’indélébile. Mais malgré, mon art « navigue dans une mer orageuse » pour reprendre Alfred de Musset. Son socle, sa coque est battu(e) par les vagues houleuses du shit art de notre époque. Mais il faut naviguer.

Je vogue donc de single en single. En fin 2018, donc, paraissent les singles haute température et vrai de guerrier dans cet ordre. Puis, je participe à une Collabo titrée xeex corona, en 2020. Cette même année vit la parution d’un autre morceau : scholars. Enfin en 2021 arrivait l’opus intitulé le salut. Quatre singles et une collabo ! Je poursuis tranquillement mon chemin d’artiste. Sur facebook, sur youtube, à la radio, sur scène, sinueuse et épineuse, la route est en plus longue. On crapahute. Derrière, quelques mesures et refrains flottent dans l’air ainsi qu’ils tournent dans la tête, comme fait un disque oublié sur une platine. Devant, un sentier infini et de beaux airs retenus dans des nouures.

Diverses thématiques au nombre desquelles le purisme, la misère, les conflits, l’historiographie du rap, l’engagement, la foi, les luttes d’une vie, la haine, l’égo, et cætera sont toutes bredouillées au fil des tracks, dans une langue argotique. Les unes et les autres forment une philosophie de vie, le viatique de l’auteur. Quelqu’une inabordée ou omise n’en est pas encore (ou) pour autant tue. L’inspi vient seule. On l’aurait beau voulue cependant qu’elle ne consentît sans un caprice. Philosophie et inspiration sont immanentes à la nature de l’homme. Elles dépeignent dans son quotidien. Ce n’est point de la phlogistique ou de la divination. Comment diantre peut on séparer l’artiste et son art ?

Magatte FALL

Le génie du tamarinier : l’heure du sursaut

Un pas gros tamarinier

Le tamarinier est un grand arbre de la brousse au fruit âcre en gousses. En Afrique, il est toujours perçu habité de génies, comme par un réflexe inconscient. Et des génies moins malfaisants que répressifs : le génie du tamarinier est toutes griffes dehors en cas de déprédation. Même tant cru que maudit, tel mythe en Afrique de l’ouest n’est pas tant vécu… n’est pas tant caractériel.

A bien parler, l’Afrique de l’ouest, comme d’ailleurs tout le continent entre les deux tropiques, connaît une extrême indigence et une sévère dépendance à l’étranger qu’elle ne sait plus comment se rédimer, se rengorger. A l’inverse du génie du tamarinier, elle s’incline, si pliée qu’un roseau sous les rafales du vent – même s’il ne rompt pas. Mais autant insister sur le sous développement criant de ce même territoire géographique. Le taux de pauvreté s’y élève à environ 60%, pas moins de 2 fois plus qu’ailleurs. Et il compte (ce territoire) moins de 7 km de route au km², par-dessous le seuil d’urbanisation correct.

D’Abidjan à Djaména, d’Abuja à Dakar, dans ce même espace géographique, que la forte démographie (près de 300 millions d’habitants) puisse porter aux pavois, le lent décollage étonne peu d’un point de vue historique… Le génie (figurément parlant) ouest-africain n’en demeure pas moins grandiose. De l’AOF et des Colonies de la Couronne britannique jusqu’à la CEDEAO, ce peuple multiéthnique de races plus ou moins analogues, longtemps opprimé, s’émancipe de plus belle. Et cela ira crescendo. D’ailleurs, comme le prédisait Hugo : « dans l’opprimé d’hier, l’oppresseur de demain ».

« Le génie… ouest-africain n’en demeure pas moins grandiose »

Pourtant, il tarde encore à la région ouest-africaine de décoller. Les barrières monétaire, douanière, linguistique, industriels, sociologique,… en bref systémiques sont nombreuses ou innombrables. Inversement, les similitude, ressemblance et analogie nuancent ingénieusement ces dissonances et amenuisent à l’envi les différences – le cadre géopolitique s’intégrant – par-dessus les volontés infranationales. Il n’en reste pas moins que les initiatives supranationales ont encore une faible prédominance. Et pourtant, leurs Constitutions aux 16 États membres de la CEDEAO, les prédisposent tous à l’intégration sans ménagement.

Par exemple, le Mali (en crise) tente de faire cavalier seul pendant que les échanges commerciaux à l’intérieur de la Communauté n’excèdent pas 15%, cependant que les alternances politiques ne sont pas toujours exemplaires dans toute la région. Malgré ces hiatus, la Communauté a son siège à Abuja ; dispose d’une Cour de justice même évanescente ; participe d’une Chambre parlementaire quasi inopérante, pour l’habitant modeste de cette proche partie africaine de l’ancien Gondwana ; possède aussi des corridors transnationaux pratiques mais peu praticables pour les transports ; émet sa monnaie (eco) fluctuante certes, dés 2027. Pour une part, nous sous-évaluons le chantier en cours d’exécution ; pour l’autre, nombre de chantiers vitaux restent en attente d’une étude de terrain.

« La survivance du mythe qui s’éteint servant quasi totalement à de la littérature »

Le verre est à moitié vide : le tamarinier du village s’effondre et son génie avec lui. La survivance du mythe qui s’éteint servant quasi totalement à de la littérature. Ces systèmes de croyances prouvent rien qu’à eux seuls que le capital humain n’y fait pas défaut. Ainsi, l’Afrique occidentale, qu’elle n’en eut pas, ce qu’il n’en est pas, le cas échéant, devrait se donner les moyens du développement sûr et accru. Ses difficultés structurelles et conjoncturelles sont toutes consubstantielles à des politiques locales et régionales, plus éthiques et plus pertinentes. Plein de contradictions tradi-modernes, le citoyen ouest-africain est entré de plain-pied dans l’ère de la mondialisation. A l’horizon 2050, bien tard en fait, il se signera à la table des Puissances.

Magatte Fall

L’avarice

Oncle Picsou

Des exemples populaires d’avares sont le père Grandet de Balzac et L’avare de Molière. L’avarice consiste en une disposition d’esprit parcimonieuse en rapport avec le bien matériel. Un avare est un radin, un pingre ou un Picsou. Son neveu Donald, comme dans l’anecdote de Florian, ne finit jamais de le narguer. Pour ce qu’il en est de l’imaginaire occidental.

« Les personnes âgées dépensent avec minutie ».

En Afrique, il existe bien des vieillards avares ou trop économes. Précarité oblige ! Mais la générosité et la prodigalité sont chantées par les griots. Trop de parcimonie tue la parcimonie, par ailleurs. Aussi, vieillesse rime avec sagesse. Les personnes âgées dépensent alors avec minutie ; elles ne sont pas dépensières : « abondance de biens ne nuit pas ».

Dilapider ou thésauriser

Tout porte à croire qu’on confond avare et précautionneux. Partout à travers le monde, on reconnaîtra qu’il ne faut pas jeter son argent par la fenêtre ou le gaspiller. C’est bien par la métaphore de l’argent que La Fontaine montre que le travail est un trésor. Autant dire que la pièce de monnaie aussi… en est un.

Magatte Fall, chroniqueur

Autarcie versus libéralisme

Explosion à San Diego

Le terme d’autarcie s’approche du protectionnisme, tous deux ayant trait à l’économie nationale refermée ou renfermée. Vraisemblablement, cette politique s’apparente plus au socialisme-communisme, en cela qu’elle endigue et impulse supposément. A la manière dont les allocations et la préférence nationale sont institutionnalisées, il s’ensuit une implosion subatomique élastique pouvant charrier toute l’économie.

Le nationalisme et le marxisme

Le nationalisme entre dans cette dynamique. Les Nazis vantaient la race ariane supérieure, disaient-ils, dans toute l’anthropologie européenne. C’est obsèquieux ! Cependant les nouveaux types de nationalismes ont cela en commun avec le nazisme qu’ils croient s’être dessillés les yeux et s’estiment plus fiers et authentiques. A titre de comparaison, le progressisme sud-américain a été libérateur d’abord, puis autodéterminant. Mais de la Colombie au Vénézuela traversant le Chili, sont en proie à de terribles crises socio-politiques ces nations. Cette idéologie porte les germes du chaos.

Contrairement à ce que l’on veut se faire croire, comme cela est défini à la base, le communisme ne créera pas le paradis sur terre. Le nationalisme-progressisme non plus. L’URSS a fini par exploser en 1991. Les peuples chinois et nord-coréen vivent comme en état de siège perpétuel. Les États communistes sont agités dans leurs affaires intérieures comme extérieures. Le Bénin dans les années 70 s’est proclamé république populaire avec une énième montée du vent communiste. Il aura fallu peu après pour que l’érosion soit cancéreuse. Que de fois ces montées ont fait rêver, pour se déliter par la suite.

Certes, même dans le meilleur des mondes, la pensée unique n’a jamais été de haut vol : « de la discussion jaillit la lumière ». Mais l’idéologie de Marx et d’Hegel patine depuis sa théorisation. C’est loin d’être une praxéologie : la pratique ne va pas bon train. L’organisation internationale du travail (OIT) en est la meilleure infrutescence, à de nombreux égards. Les syndicats et partis socialistes modérés en sont les produits finis. Le Front national comme dit Tariq Ramadan en est réduit à instiller la peur dans le cœur des Français. C’est là la pratique populiste chez les adeptes de l’idéologie marxiste intranationale.

De la démocratie

« La démocratie est la vérité du plus grand nombre pendant un certain temps. »

Est-ce à dire que la démocratie libérale est le fin mot ? Non. Mais au moins, elle n’est pas synonyme de chaos et de terreur. Elle a ses accès agressifs et invasifs par son armada militaire et médiatique. Mais malgré, la démocratie elle, a ce beau côté égalitaire entre citoyens devant les lois et les fonctions. D’autre part, la démocratie est la vérité du plus grand nombre pendant un certain temps. Tout cela apparaît merveilleusement juste !

Magatte Fall, chroniqueur

(Re)construire ensemble

Dans les alliances et centres culturels français

Passé d’une vie de nomade à la sédentarité, l’homme construisit sous les cieux son foyer, sa maison, une société, une cité. C’était par peur de vivre seuls que se sont regroupés les hommes en villages puis en villes : pensait Khalil Gibran dans son ouvrage Le prophète. Ainsi donc, les hommes ont construit ensemble. Car deux avis valent mieux qu’un. Par dessus tout, construire ensemble est plus qu’un simple besoin de civilité, c’est un must, un impératif. Mais alors, sur le chemin tortueux voire périlleux de sa construction, car il est bien de savoir que c’est de son œuvre à lui qu’il s’agit, il serait bon de se poser la question de savoir : « que sert-il à l’homme de conquérir le monde s’il perd son âme ? » ainsi que Ignace se le demandait. Cela revient à s’interroger sur la reconstruction au regard des nombreuses péripéties de l’histoire humaine. Reconstruction après les guerres, les sécheresses, les épidémies. Reconstruction parce que les bases sont faussées. Reconstruction en réinventant notre modèle. Mais néanmoins, dans cet élan de reconstruction de nos passifs, il importe de continuer à construire nos actifs.

A la fleur de l’âge

Par ce fourmillement inlassable dans le temps, l’homme conquiert l’univers. Il va à l’école apprendre à lier le bois au bois d’après la formule fameuse de Cheikh Hamidou Kane référant à la mission technique de l’école. Mais il est une fonction de l’école assez peu dévoilée : celle consistant à lier l’être à l’être, un pilier dans le triptyque des compétences : « savoir, savoir-faire, savoir-être ». C’est là sa mission de socialisation. Technicité et sociabilité forment un double levier dans l’impératif de construction/reconstruction de soi et du tout. L’homme compétent au sens large, est le seul à même de bâtir ou rebâtir son fief, le tout dont il est membre. L’homme instruit et social est un homme utile à tous les égards. Si seulement nous l’étions tous…

L’âge d’or

Outre l’instruction et la socialisation, le travail et la responsabilisation constituent le second palier dans le projet du vivre en commun. Le travail rend libre et autonome ; la responsabilité engage et enhardit. Liberté, autonomie, engagement et hardiesse font quatre qualités indispensables à l’épanouissement de l’individu dans la communauté. Un individu actif et responsable a toutes les chances de tirer son épingle du jeu social. Une personne oisive et scélérate ne saurait point ! Le projet du vivre en commun, soit une noble fin communautaire, exige la pierre de tout un chacun ainsi qu’un apport. La somme des apports apparaît comme un noyau ne devant se désagréger même sous les prétextes des gens de Babel ou de Gomorrhe. C’est le projet de construction d’un édifice universel défiant l’usure du temps. Que cette volonté soit faite !

Le troisième âge

Un happy end, c’est le moins qu’on eut espéré. Au sortir de l’âge d’or d’une vie, eut-on respecté tous les paliers, la vieillesse et la sénilité ont elles aussi leur part de corvée. Il s’agira du mentorat pour peu qu’on ait décroché, et de l’attendrissement entendu qu’on soit devenu enfin sage. Les vieux sont pour les jeunes, ce que Priam était pour Hector et Ulysse pour Télémaque. L’édification de la cité participe de la sagesse des premiers et de la vigueur des deuxièmes. Construire, bâtir et édifier au travers de ressources matérielles sûres mais également au moyen de valeurs immatérielles pures. A telle enseigne, qu’on puisse s’écrier tous, vieux, jeunes et moins jeunes, en chœur avec Zola : « que la vie est bonne ! ».

« Efforçons-nous de (re)créer un univers meilleur, de quelque côté qu’on soit, à tout point de vue. »

Appel à l’humanité

Tel l’écho de la voix d’un chantre, l’on reconnaîtra sans coup férir qu’il faut du tout pour faire un monde. Le matérialisme et l’idéalisme, le scientisme et le moralisme, le mécanisme et le vitalisme, et tous les autres antagonismes philosophiques s’avèrent trop insuffisants à l’édification d’un monde ultra-complexe. D’ailleurs, le néantisme, le rastafarisme, le postmodernisme et des doctrines des plus hippies naissent par ci par là, reniant une vision figée et rigide de la vie. Les doctrines classiques développent à terme de la roideur ou froideur chez nous. L’amour, la paix, l’égalité, la concorde,… sont foulés du pied. L’adversité est partout ! Et c’est là que ces autres courants de pensées, quoique marginaux, ont la part belle par leur sollicitude. Et Malraux de le corroborer : « tout le monde est fou ; il n’existe qu’une vie d’efforts pour unir ce fou et l’univers ». Alors efforçons-nous de (re)créer un univers meilleur, de quelque côté qu’on soit, à tout point de vue.

Magatte Fall, chroniqueur

Ressouvenirs d’Afrique

Ménélik II

L’histoire de l’Afrique a commencé, comme on a voulu nous le faire croire, avec David Livingston, Savorgna de Brazza, René Caillé, etc. explorateurs du XIX siècle. Or, l’Africain est le seul être pouvant remonter jusqu’à 6000000 d’années d’histoire de son peuple (cf. Souleymane Bachir Diagne, Alain Mabanckou, et autres). Les peuples d’Afrique, multimillénaires, ont fait les belles époques du passé le plus ancien.

Commençant par l’Égypte antique, de l’ère de Ramsès II et des dynasties le précédant, avant ses contacts avec la Grèce, Rome et l’Arabie, les pharaons noirs la hissèrent à son apogée bienheureux. Léopold Sédar Senghor dit des travaux de Cheikh Anta Diop à ce sujet : « il (Cheikh A. Diop) a la preuve du sang et de la langue ». En clair, aux plans génétique et linguistique, la civilisation pharaonique a des racines et des souches noires.

Quittant l’antiquité, vers 200-300 ans après J.-C., toujours en Afrique septentrionale, la cité rayonnante de Carthage fut détruite au sommet de son épopée par Rome. Les Carthaginois étaient d’habiles marins mélanodermes – le teint brun – dominant les batailles navales lors des trois guerres puniques. Les Romains, par un subterfuge diplomatique consistant en une trêve, prendront de surprise la flotte puine et décimeront la ville fière de Carthage en semant le chaos partout.

Un petit peu au sud, l’empire mandingue rutila d’éclats et d’auréoles, entre l’an 1000 et l’an 1500. Tombouctou, carrefour des lumières, était sa ville emblématique : sa bibliothèque, son université, ses affaires et son commerce témoignaient de son avance belle et nette. Kanka Moussa, l’un des empereurs mandingues, se distingue jusqu’à nos jours par sa fortune peu commensurable. Et l’empire conçut l’une des premières chartes de l’histoire des droits humains, entre autres magnificences.

Beaucoup plus au sud, en Afrique australe, dans l’ancienne Rhodésie, où se trouvaient les  célèbres mines du roi Salomon, s’étendait au XV siècle le royaume du Monomotapa. Une cité fastueuse par ses joailleries et robuste par ses remparts, qui impliqua le règne de la reine de Saba. Monomotapa était une haute sphère de la séculaire noblesse africaine.

L’Afrique australe a aussi connu l’un des plus grands chefs de guerre de l’époque médiévale.   L’auguste Chaka, à l’ère du commerce triangulaire, dirigeait le royaume zoulou doté d’une gigantesque armée. Il menait lui-même son armée et avait conquit un vaste territoire au sud de l’Afrique. Son nom résonnait partout ! Une conjuration de ses généraux le destitua l’en assassinant.

Dans la corne de l’Afrique, cette fois-ci, pour parler de l’exception éthiopienne, le roi Ménélik II dévasta les troupes italiennes à la fin du XIX siècle pendant la conquête coloniale. Ce qui à lui et à son royaume évitait  la sujétion et la dépendance à l’Italie. Une exception dans le monde parmi les pays où l’impérialisme se déploya.

Afrique, mon Afrique

« L’Afrique, leur Afrique, repousse et repousse, patiemment et obstinément. »

L’Afrique, pour toutes ces choses précitées, n’envie rien à aucun autre continent. Fiers de cet historique, les peuples africains dont l’histoire est pleine de rebondissements, ne courbent pas l’échine. L’Afrique, les peuples africains, n’attendent rien ni personne. L’Afrique, leur Afrique, repousse et repousse, patiemment et obstinément.

Magatte Fall, chroniqueur

Au fond de la jungle

trône royal

Ça hurle ! Qui ce peut-il être ? Le loup animal de proie. Procès ou règlement de compte, c’est sa loi qu’il fait de toutes façons. Le petit agneau sera dévoré comme par Nature. Cela se passe quelque part dans la jungle nordique. Et ça hurle ! Qui ce peut-il bien être ? Très certainement, un autre animal de proie ou en proie, dans une des terribles jungles un peu partout à travers le monde. Peut-être juste un animal social dans une convoitise ardente ou courant un danger extrême ? Comme le loup ou l’agneau, comme le lièvre ou l’hyène rivalisant de ruses, comme le lion altier qui se repait volontiers de quiconque, ça hurle, ça hue et ça hie dans la jungle et dans la cité. Tous ces animaux se dévorent entre espèces ; « les hommes entre eux se dévorent » : dixit Diderot. Les hommes, l’homme, chasse(nt) à l’homme, du sommet vers la base de la pyramide sociale. Des carcasses et des cadavres jonchent le chemin de sa montée au pinacle.

« L’espoir est vraiment mince. »

Eros est excommunié. La cité pleure ses philanthropes. Le ciel s’est assombri. Entre la déception des moultes attentes des plébéins et leur désespoir de ce que la cour deviendra, de petites lueurs luisent. Parmi les potentiels patriciens aptes à reprendre le flambeau, qui nourrissent un brin d’espoir dans les coeurs, peu nombreux malgré, il y a les suivants : Ousmane Sonko, Thierno Alassane Sall, Malick Gackou, Abdoul Mbaye et par extraordinaire Khalifa Sall. Tous clopinants ! L’espoir est vraiment mince. Tous des proies, des rejetons inoffensifs. Ils gigotent comme un nourrisson excité faisant des pieds et des mains, sans tenir alors solidement. Ils manquent du minimum voire de tout : s’épanchent sur les réseaux sociaux à volonté, se vautrent sur le macadam impuissamment, mènent un combat déséquilibré. Ils sont limite à l’agonie. Souvent, comme des oisillons, ne sachant pas voler et seuls dans le nid, un rapace les menace et même s’en taillade un. Tous effarés comme toujours, ils crient, huent et hurlent.

Du roi

Devant ce pittoresque mélodrame là, le peuple se prend de saisissement tel et tant que le roi lui, se conforte, se réconforte et se complait par-dessous sa couronne. Son antre ne trouve nulle pareille retraite dans la savane au regard de ses défenses, ses ministres, ses bouffons, sa profusion, son ébriété, etc. C’est le palais, le palace de toute les convoitises, mais le manoir de toutes les hantises. Là, se décrète tout ! Du gros chantier onéreux au bannissement du courtisan rebelle, les décrets les plus machiavéliques sont sortis de là. Et le roi lion se signe despotiquement. Rien ni personne n’y peut. Il est planté comme un vieil arbre plantureux. Il fait sa loi tout alentour, à tous les êtres sans être inquiété d’eux. Et il s’enorgueillit que des voix, comme s’il ne l’eut pas voulue, lui fassent la récrimination de sa longévité. A priori, il se débinera, mais comment ? Il n’y a pas de honte à se replier, à abdiquer, mon cher roi.

« Et il s’enorgueillit que des voix, comme s’il ne l’eut pas voulue, lui fassent la récrimination de sa longévité. »

Le regard appréciateur

La jungle Ndoumbélane, ses frasques sur la sellette, n’est pas absente au rendez-vous forain des nations. Les personnages et les intrigues animaliers de la savane ouest-africaine n’échappent pas au regard autre. Et l’on nous apprécie. La brouillerie au mois de mars et la tension électrique régnante cristallisent l’attention de partout. On réverbère. Ainsi recoit-on maintes visites. Dame Ségolène Royal dira : Ndoumbélane est un exemple de démocratie. Sire Antony Blinken de l’enjamber : c’est une forte démocratie. Et la névralgie de monter d’un cran. La jungle s’exalte, la jungle bouillonne. Bêtes et moins bêtes, grands et petits redonnent de la vigueur, du ton… Macky Sall est un leader accompli ! Ses forces mais aussi ses faiblesses lui valent cette reconnaissance. Ses adversaires devant à leur tour, s’élever à sa hauteur ou du moins, il leur est obligé de vaincre avec la manière. C’est la une nature en plein essor. Et le terni dans l’image n’en fait pas une moins belle. On donne des crocs et des griffes mais on se panse et se soigne, après, en communion. Force est de dire que nous sommes unis dans la diversité, de la mer aux sources, de la steppe à la forêt.

Magatte Fall, chroniqueur

Dakar, une presqu’île métropolitaine de contrastes

Carte de la région de Dakar

Les 30, 31 août et les 1er et 2 septembre 2021, la battante agitation des rues de Dakar s’est offerte à ma discrétion. Bien que dans un ordre quasi imperceptible, de Fann – Point E aux HLM Grand Yoff, tout était remuant. Le trajet dure 15 à 20 minutes entre ces deux quartiers, en car. Dedans, on s’amoncelle comme du bétail de la périphérie vers le centre-ville. Sur la VDN, l’autoroute reliant ces patelins, la circulation est très dense à avoir le vertige frèlement. Je fis ce trajet le 31 et le 1er, de bon matin. Je devais déposer un dossier de candidature à la reprise des études à l’université Cheikh Anta Diop, au rectorat précisément. Toutes les démarches administratives importantes se font à Dakar, comme il apparaît clairement. C’est le sens et la direction du plus gros des mouvements dans l’ensemble du pays, Dakar !

Rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop

Contrastes avec les régions

Primo, il n’y a pas d’autoroutes intraurbaines dans les autres régions alors qu’à la capitale Dakar, elles font légion. La RN1 et la RN2 se transforment en autoroute à partir de Diamniadio et qui va jusqu’à Yoff sur près de 40 Km. Celle-ci forme une patte d’oie quelque peu avant Yoff, dont l’un des cours se lance en autoroute jusqu’à l’avenue Lamine Gueye sur 10 ou 15 Km. Sans oublier la VDN (voie de dégagement nord) citée plus haut qui s’étale sur environ 25 Km. Juste pour ne compter que ces trois… mais Dakar est partout jonchée d’autoroutes.

« Le panorama est réduit au pan de ciel immédiat ».

Secondo, quid des immeubles ? Pour vous faire une idée, la vue du ciel est obstruée par ces géants d’au moins quatre étages. Le panorama est réduit au pan de ciel immédiat. Tandis que dans les régions, l’horizon s’éloigne à perte de vue, jusque vers l’abord des lisières. Les immeubles à Dakar pullulent comme les grands arbres d’une forêt. On dirait même une ville du futur science-fictif. Tandis que les régions sont dans le dénuement complet.

Paradoxes internes

Terrain de football sur la route de Bambilor

La paperasserie terminée, je me suis rendu le 2 dans la commune rurale de Bambilor au nord-est de Dakar. Ici le paradoxe entre la capitale et les régions est beaucoup moins frappant. A fortiori, on croirait être retourné en région. Ici, on sent même mieux la brise marine venant de la côte atlantique. Dakar étouffe ! Le trajet est long, des HLM Grand Yoff passant par Rufisque jusqu’à Bambilor. Mais c’est essentiellement dû à la fluidité lacunaire de la circulation, aux embouteillages monstres et parfois à l’état défectueux des routes. Le transport est la gangue du joyau qu’est la région de Dakar. Je me suis rendu donc en minibus à Bambilor chez mon beau père. La famille était chaleureuse et l’ambiance joviale. Un instant, j’ai oublié les bruits vrombissants de la ville. On a mangé des vermicelles au poulet, bu de la boisson gazeuse et pris un verre de thé moussant. Les maisons sont à peine contiguës et des arbres juchés par ci et là. C’était par un après-midi ensoleillée et calme. Je suis reparti à 17 heures vers la gare routière des baux maraîchers. Sans repasser bien sûr par mon lieu de chute, les HLM Grand Yoff, où depuis 2007 je vis furtivement de très beaux moments, chez une parente.

Le paradoxe entre la ville et Bambilor est éberluant, certes. Mais il est un fait plus remarquable encore. C’est la proportion inquiétante de la pauvreté à Dakar. L’image de ces jeunes enfants vendeurs d’eau fraîche à la sauvette est restée collée à la belle carte postale de la capitale. Leurs familles sont aux abois vu le péril de ces enfants pour gagner journellement au plus 1500 CFA (2 euros). Les populations dakaroises dans leur majorité absolue vivotent, subsistent, s’enlisent. Notre voiture de transport en commun quitta les baux maraîchers vers 19 heures en direction de Kaolack, pour mon retour.

Instituer le sens Dakar-interland

Tout cela étant dit, il conviendrait plus que urgemment de corriger le schisme interne et externe relatif à la presqu’île métropolitaine de Dakar. Désengorger Dakar avec son réseau de structures administratives, économiques et sociales, c’est le dépolariser. Loin de le désaffectionner, il s’agit juste de créer plus de mouvements dans le sens inverse Dakar-interland. Le salut de Dakar et des Dakarois ainsi que des Sénégalais réside dans la création de nouveaux pôles d’activité.

Magatte Fall, chroniqueur

Les inondations, nullement une utopie, mais un cauchemar

Les gués de fortune, ces passerelles communes au décor des villes sénégalaises en hivernage

La génération des années 2000 naquit et grandit avec le calvaire des inondations. Cela n’a rien d’une anomalie à leurs yeux. Les hivernages luxuriants et non dantesques leur sont inconnus contrairement à nous la génération de 1980. En hivernage, le décor avait été somptueux : l’herbe, les terrains vagues au sable fin, aspergé d’eau et perméable, l’air pur et fraîchement humide, le ciel clair et mousseux, les allées entr’ouvertes dans la verdure, des ressouvenirs que notre génération couvent précieusement. Aujourd’hui, pendant la saison pluviale, comble de la dystopie, le tableau qu’offre les cités sénégalaises est pittoresque ou pis, dramatique.

Le cauchemar des sinistrés

un quartier sous l’empire des eaux

A partir des années 2000, le réchauffement climatique avec son lot d’intemperies a mis à découvert le manque de politiques urbanistes et le déficit prévisionnel en plans d’assainissement de nos villes pourtant microscopiques. Les populations ont sur une période fait emprise sur des zones inondables et par dessus le marché zones non assainies depourvues de tout type d’infrastructures hydrotechniques de base. Par effet de chaîne, les eaux pluviales ont (re)conquis ces espaces désormais habités. Joint au fait que les sols par la saturation ont perdu de leur porosité, les gens ont depuis les pieds dans la boue. Pire, ils ont de l’eau jusqu’au bas ventre, par endroits. Ils mangent les pieds trempés jusqu’aux genoux et dorment à même le bois parce que les matelas, gorgés d’eau, sont hors service. On passe ses journées à essayer d’évacuer l’eau des maisons avec des motopompes ou à la main. Cuisiner est devenu un privilège pour qui peut avoir du feu. Bref, le sinistre est total comme le montrent les images.

les personnes et leurs biens pataugent dans l’eau

Le scénario est le même depuis presque 20 ans que ça dure. Les politiques font maints et maints efforts pour juguler le fléau. Mais le problème est des plus endémiques. On a beau s’ingénier mais le mal est profond. Le remède nécessite des moyens colossaux. De ceux que le baron Haussmann mobilisa pour moderniser Paris vers 1850. N’oublions pas que la ville lumière a elle aussi connu des inondations à cette époque avec les crues de la Seine. Mais de deux, cela nécessite de gros moyens. Les autorités étatiques parlent de plusieurs milliards de CFA déjà injectés. Néanmoins, à Saint-Louis, Thies, Dakar, Mbour, Kaolack ou Ziguinchor, le paysage ne fait pas beau à voir. On se croit dans une des parodies infernales de Dante.

Un de plus ou de trop

La littérature à ce dit sujet est déjà très abondante. Mais cet opus n’est pas de trop. Il vient apporter une pierre à cet édifice d’implication et de démocratisation des politiques socio-environnementales. Il aurait mieux valu un État prévenant que cet État providentiel auquel on se remet. Seule la démocratisation des politiques (en carence auparavant) munie à la prévoyance politique aurait pu nous éviter ces affres. Mais pour l’heure, souffrons notre martyre jusque lors d’un meilleur jour. Un jour où tous ensemble, nous verrons « Dakar à l’image de Paris » comme nous l’avait promis le président-poète L. S. Senghor.

Magatte Fall, chroniqueur

Humeurs lectrices : la lecture et nous

lecteur solitaire

Le goût de la lecture vient seul, la curiosité aidant. Et on grandit avec cette soif inextinguible de lire et de relire. C’est à Saint-Louis que m’a pris cette envie, à un très jeune âge. Mes premiers romans s’étrennant avec la puberté (un âge difficile). J’ai lu alors des oeuvres au programme comme on dit, censées forger ma personnalité. Les thèmes variaient du conflit de générations à la polygamie passant par l’épopée de Chaka zoulou. Ainsi naissaient un imaginaire merveilleux et une aventure féerique au fil des lignes et paragraphes.

la lecture, une drogue

C’est bien de l’opium, de l’éther, de la drogue. On ne se passe de sa dose quotidienne de lecture tout comme de son café ou de sa prière. C’est un plaisir exquis. Au survol des lignes, s’arrêtant sur un mot dès fois, ou un groupe de mots, toujours accroché au fil conducteur du récit, on dévore un chapitre ou deux, ou plus par jour. A la fin desquels, on sens ce soulagement et ou cette satisfaction d’une trame bien menée, soulagement et ou satisfaction d’un effort fourni pour une journée désormais non emplie d’inanition. Et la dopamine fait son effet !

Depuis ce temps, je lis. Je lis dans mon lit, sous un arbre, sur le parvis, en voiture, en salle, … C’est une drogue oui, mais bénigne. Mieux, c’est une passion digne d’une love-story, une passion bénie parmi toutes d’Aphrodite. Donc je lis les oeuvres au programme jusqu’à ce que ma petite bibliothèque se mette en place avec « Messiada » , « La légende des siècles » , « Les enfants du Graal », « Du contrat social ». Donc je lis et je relis entre Kénitra et Rabat, de Valfleury à la Cité Mamora, dans le train et à la fac. A cette période de ma jeunesse, je crois avoir lu une quinzaine de livres que j’achète ou que l’on me prête. Je veux citer en gros : « Une si longue lettre », « Le père Goriot » , « Les mains sales », « L’aventure ambiguë », « Une vie de boy », « Le discours de la méthode », « De l’origine des différences entre les hommes », etc. etc. Et j’oubliais les BDs et autres revues journalistiques. Donc je lis comme un rat de bibliothèque. La lecture est la meilleure drogue de toutes.

Développer son champ livresque

Je visite tous les champs d’investigation qui m’intriguent. Et toujours avec le même intérêt et la même passion. Je crois que ça vient de l’éclat étincelant du savoir, de l’amour qui en émane. A travers les longs articles de Droit public, à travers les pages de Sciences&Vie, dans les romans de suspense comme « Dark house », le long des lignes du journal Le Monde, le long d’un traité historique ou philosophique, tout au long d’un merveilleux conte, ma pérégrination livresque n’a pas encore un glas d’insatiété. J’en demande et en redemande. Entre le romantisme de Hugo, le naturalisme de Zola, le surréalisme de Éluard, jusqu’à la poésie de Birago Diop et les pièces de théâtre de William Shakespeare (Hamlet, Othello et Macbeth), ma soif ne s’est pas du tout étanchée ou désaltérée. J’en redemande ! Une file d’une quarantaine de sourates du Saint Coran, au travers d’un recueil mathématique sur les calculs différentiels de Pouchkinov, en proie à la densité des encyclopédies « Tout l’univers », je continue mon périple aventureux avec les livres. J’avoisine à 35 ans, un total de 100 oeuvres lues. Et quelquefois relues ! Et vous, avez vous lu 100 oeuvres, plus ou moins ? Conbien environ en avez vous égrener ?

Magatte Fall, chroniqueur

Le mandat, la pomme de discorde

électeur ivoirien

Décidément, la question du mandat présidentiel demeure un point d’achoppement dans le débat politique au Sénégal. Ceci auquel moment, une sacramentelle de pays s’en ont occupée, pour leur part, avec célérité. C’est que cette question fastidieuse pour notre part, ne l’est point.

Au sortir des indépendances, pendant le règne de Senghor, jusqu’en l’an 2000 au crépuscule du régime de Abdou Diouf, on dénote même pour lors, cette inconstance et de la durée du mandat et de la limitation du nombre de mandat. Tous deux, Senghor et Diouf, ayant fait 20 ans de pouvoir, par quelle arithmétique peut on bien répartir le nombre et la durée de leurs mandats ? Une gymnastique dont on peut s’excuser comparé à d’autres présidents de pays.

Jacques Chirac pour peu qu’on se rappelle, a fait 14 ans de pouvoir, soit deux mandats de 7 ans. Sarkozy et Hollande ont eu chacun un seul mandat de 5 ans nets. Ceci pour dire que la fameuse question n’a pas fait long feu en France. Aux États-Unis, le problème ne s’est jamais posé depuis Georges Washington dans les années 1700, au lendemain de la Guerre d’indépendance.

Au reste, ici, le bruit autour de l’âtre est sans précédent, ces 2 dernières décades. On a de cesse de passer d’un mandat de 7 à 5 ans puis de 7 à nouveau et ainsi de suite. Une inconstance à la limite tumultueuse ! De Abdoulaye Wade à Macky Sall, le nombre et la durée du mandat n’a fait que trop débat, un charivari à vrai dire. La durée ne pouvant être fixe une bonne fois pour toutes ; le nombre se voulant toujours être ILLIMITÉ, par d’âpres subterfuges et supercheries.

Qui donc mettra un terme au débat qui s’éternise résolument ? C’est entrer dans l’histoire que de clore un débat sempiternel. Qui donc s’élèvera aux nues par l’exemple/l’exemplarité du renoncement au mandat de plus et aussi aux 2 ans de trop ? Macky Sall certainement, puisqu’il est homme à se garnir d’honneurs ou d’éloges, dus ou indus ; Ousmane Sonko indubitablement, puisqu’il est l’espoir d’un Sénégal évolué, dûment ou indûment.

Magatte Fall, chroniqueur

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